Ma presence ‘social’ sur le web
Internet nous a tous rendu schyzophrenes
Nous vivons a une epoque ou notre identite est aussi bien definie par notre vie dans le monde reel (notre CV, nos amis, nos habitudes culinaires, nos gouts…), que par notre vie virtuelle (quels sites nous visitons, les blogs que l’on cree, les tweets que l’on envoie…). Et notre vie virtuelle devient de plus en plus importante. Nous passons de plus en plus de temps sur internet a nous construire une ou des identites, a partager nos opinions, a collectionner les “friends” – et l’essor des reseaux sociaux en est la preuve. Mais internet est aussi devenu un outil essentiel pour les recruteurs – avec 45% d’entre eux qui disent consulter les reseaux sociaux pour trouver le bon candidat.
Nous avons donc 2 vies (au minimum) a gerer: la vraie, ancree dans le quotidien reel et trebuchant; et la virtuelle, celle que l’on decide d’avoir ou pas. La vraie vie est relative facile a controller. Il y la famille, les amis, les collegues. Ces mondes coexistent et rarement ne se rencontrent. Il n’y a pas d’interferences. Rarement. Il est donc facile d’avoir des personnalites tres differentes en fonction de l’occasion. Serieux au travail, calme et doux en famille, et deconneur entre potes. Mais online, tout devient plus complique. Comme l’explique cette excellente presentation de Paul Adams, internet (et plus specialement les reseaux sociaux tels que Facebook) ne permet pas de reproduire nos comportements de la vie reelle, ni conserver les barrieres entre nos differents univers. Tout d’un coup, sa famille, les amis et les collegues (ou pire, futur patron) inter-agissent. Souvenez-vous de mon article sur la vie privee, elle est tres difficile a conserver une fois en ligne.
Et pourtant il y foison d’outils qui permet tout un chacun de s’exprimer: partager ses photos de vacances, participer aux debats politiques, crier ses opinions au monde entier; ou encore rencontrer ses voisins etrangers. Internet permet de se recreer une vie, une personnalite et de la partager.
Mon petit manuel ‘social’
J’a voulu faire un petit bilan de comment j’organisais ma vie online, et vous proposer quelques conseils sur comment mieux organiser votre vie en ligne.
- pseudo: si vous voulez rester fidele a l’adage “Pour vivre heureux, vivons caches” de Malraux, il vous faut alors choisir un pseudo qui n’est ni votre prenom, ni votre nom. Bien qu’on puisse crier a l’infamie, je trouve que cela vous libere et met une distance entre votre personnage online et votre vraie personne. Et je refuse l’argument que c’est une forme de lachete. Si vous voulez vraiment aller au bout de la logique, achetez les noms de domaine correspondants pour en quelque sorte proteger votre identite en ligne.
- le blog: je commencerai par la. C’est le meilleur moyen que j’ai trouve de partager mes idees, presque a la maniere d’un journal personnel. Il n’y a pas la pression et l’instantaneite de la discussion entre amis, et justement, cela permet d’organiser ses pensees et de structuer son discours. Je l’ai utilise a San Francisco pour garder contact avec mes amis et ma famille. Je l’utilise aujourd’hui parceque je me suis decouvert un interet pour l’ecriture.
- twitter: j’avais deja essaye dans le passe mais je n’avais pas accroche. J’ai reessaye et j’ai finalement accroche. Il a trouve une place dans l’identite que je me suis constitue sur le net. J’y trouve enormement de contenu tres interssant, et cela enrichit mes reflexions et assoiffe ma curiosite. Mais c’est egalement un medium incroyable pour partager des instantanes de ses opinions ou humeurs du moment. De plus la limite de 140 caracteres encourage cela. Le simple fait de partager un article que vous avez trouver interessant signifie quelque chose. Et j’aime le fait que ce soit un medium ouvert. Comme le blog, ce n’est destine a personne en particulier la plus part du temps. Et ca en fait tout son charme.
- linkedin, xing, facebook: je les utilise pour ce qu’ils sont en premier lieu – un reseau social. Mais je les utilise pour leur capacite a garder contact avec son reseau professionel. Et oui, meme facebook. Travaillant dans le monde de l’internet, facebook est egalement tres populaire comme reseau professionnel mais avec un cote un peu plus relax. Je ne partage rien sur ses reseaux, c’est plus un carnet d’adresses qu’autre chose.
- facebook: j’ai un deuxieme compte facebook, mais celui est d’usage purement personnel. C’est contraire aux regles du site, et un peu aberrant si l’on considere que facebook propose beaucoup d’options de controle pour decider qui voit quoi. Mais, un peu comme dans la vie reelle, je prefere garder une vraie seperation entre mon monde personnel et mon univers professionnel.
- posterous: c’est un service situe entre le blog et le compte twitter. Et je l’utilise comme tel. Lorsque j’ai lu un article sur lequel j’ai envie d’ecrire quelques lignes, ou si je suis dans un bel endroit que j’ai envie de partager avec le monde. Il offre egalement une fonctionnalite vraiment pratique, via un simple email, c’est possible de publier sur posterous, sur twitter et sur facebook. Sur son blog egalement si on le souhaite.
- divers: il y a beaucoup d’autres services qui permettent d’elargir sa presence en ligne. J’utilise par exemple yelp pour faire des revues de restaurant ou je suis alle; flickr pour partaget mes photos les plus reussies, ou youtube pour flaguer des videos sympas. J’ai egalement un ami qui utilise google maps pour marquer tous les restaurants et bars qu’il a aime. Il met alors cette carte en acces publique. Et il en existe beaucoup d’autres. Il est evidemment aussi possible de tout simplement commenter sur les articles que l’on lit en ligne – comme celui-ci par exemple
Voila. C’est le monde que je me suis cree. Et en Europe, je suis encore une exception a en coire une etude recente. Les US sont en effet de loin les plus gros contributeurs de blog et de tweets! Alors quand allez-vous vous y mettre aussi?



Article tres interessant du NYT, paru hier et intitule “The Web Means the End of Forgetting“. Petit extrait:
“The fact that the Internet never seems to forget is threatening, at an almost existential level, our ability to control our identities; to preserve the option of reinventing ourselves and starting anew; to overcome our checkered pasts.”